ARA France : Hommage aux écrivains de la Grande Guerre

Participer à une expo, pour quoi faire ?

J’en ai déjà parlé, participer aux expositions est une forme d’exercice que je m’impose de temps en temps. Il est assez rare d’avoir des demandes de clients pour des reliures d’art, sur des beaux livres illustrés, et avec la possibilité de laisser libre cours à son imagination. C’est pourtant l’occasion de pousser ses limites, de se forcer à élaborer une démarche artistique plus dense, de s’entrainer sur des techniques plus rarement utilisées lors du travail d’atelier. C’était un des premiers conseils que m’a donnés Odette Drapeau, ma mentor et je le trouve aujourd’hui encore très approprié. Cela permet aussi de ne pas se perdre en tant qu’artiste. Et je reprends le flambeau et donne le même conseil à mes élèves, intéressées par l’exploration et les défis.

ARA- France et l’expo thématique…

ARA est un réseau associatif, les Amis de la Reliure d’art, qui possède des antennes dans plusieurs pays : ARA-Canada (dont je suis membre), ARA-France, ARA Belgica, ARA Suisse, etc…
ARA-Canada édite souvent ses propres livres d’artiste pour les expositions : j’adore ! Que ce soit La Couleur du vent, de Gilles Vigneault, illustré par Nastassja Imiolek ou Chemins de traverse, par Ghislaine et Luc Bureau, ils sont toujours uniques, avec des gravures sensibles, un travail typographique recherché, du papier magnifique, en tirage super limité.
ARA-France organise plutôt des expositions thématiques, avec un livre choix d’ouvrage. Pour l’expo de 2018, il s’agissait de rendre hommage, en ce centenaire de l’armistice, aux écrivains de la Grande Guerre.
J’ai choisi un livre de Joseph Delteil, Les Poilus. J’ai découvert Delteil, écrivain, lorsqu’étudiante, je travaillais dans une librairie de livres anciens, spécialisée dans l’oeuvre des Surréalistes. L’édition que j’ai choisie était agrémentée de gravures de Jean Oberlé, illustrateur et résistant oeuvrant à Radio Londres. (Radio-Paris ment, Radis-Paris ment, Radio-Paris est allemand, c’est de lui, figurez-vous !)

Les Poilus. Épopée.

J’ai, pour cette reliure, réalisé un plein cuir, de veau gris et de buffle noir. La ligne de contraste entre les deux couleurs évoque la ligne de front de toutes les batailles de la Grande Guerre et l’antagonisme des belligérants. J’ai décoré au fer et au pigment argenté les cuirs d’une multitude de petits points aléatoires, qui représentent les nombreux soldats, vu d’en haut. Parmi ces points d’argent, se détachent quelques points bleus et rouges, représentant les bleuets de France et les coquelicots anglo-saxons, les deux fleurs du Souvenir, qui poussaient malgré tout sur la terre de des champs de bataille. Les tranchefiles de soie, brodées à la main, rouges ornées d’une touche de marine, reprennent cette symbolique.
Ce n’est pas ma reliure la plus aboutie, j’étais débordée par le travail à l’atelier à ce moment-là, mais j’étais fière d’avoir été capable d’envoyer quand-même quelque chose : les expos d’ARA-France sont toujours tellement chouettes !

Et après ?

Après les expositions, on récupère en général nos reliures. Elles peuvent être vendues mais ça ne m’est jamais arrivé (je pense que c’est assez rare ?). Je les garde évidemment, dans le but de me constituer un corpus d’oeuvres. Il est possible aussi de les soumettre au programme d’acquisition de la BAnQ.
C’est ainsi que trois de mes oeuvres ont rejoint la collection patrimoniale : Soulages, réalisée pour la Biennale de la reliure d’art organisée par ARA-Belgica, La Couleur du vent, créée pour l’expo du même nom d’ARA-Canada et J’aime, de Julie Doucet, exécutée pour mon expo à HEC.
Pour la prochaine, j’envisageais de m’inscrire à l’expo OPEN. SET mais je vois que la dead-line pour l’inscription est le 1er Mai, et je n’ai encore pensé à rien… À suivre!

Atelier DIY à Montréal !

Venez apprendre la reliure « crisscross »

Mon offre d’ateliers DIY se met en place !

Après la mise en vente d’un atelier de cartonnage (pour apprendre les bases de la fabrication d’objets en carton), voici un atelier de reliure pour confectionner
des carnets de notes ou de croquis uniques.

Cela demande un peu de temps, et un peu de minutie dans les doigts (on coud quand même pas mal), mais cela ne demande pas d’expérience particulière en reliure.
Fans d’ateliers créatifs, artistes, bricoleur(euse)s en tout genre, ceci est pour vous!

Attention, faites vite, uniquement 4 places dispo!
(je préfère les mini-groupes pour un encadrement serré)

Tous les détails concernant l’atelier sont là

Un livre pour dire merci !

Cadeau de départ

Cet automne, j’ai eu la chance de travailler pour une grande compagnie québécoise (je vous laisse reconnaitre le logo, pas très difficile !). J’ai été contacté par le service de la communication : une dirigeante quittait la compagnie et pour lui dire au revoir, beaucoup d’employés voulaient écrire quelques lignes de remerciement.
Mais une pile de courriels imprimés, ça ne donne guère un bel objet qu’on a envie d’offrir et de conserver. Alors j’ai été chargée de réaliser un livre qui relie ensemble tous ces témoignages, dans un matériau précieux, avec un décor personnalisé qui soit à la fois élégant et moderne, à l’image de la personne censée le recevoir. C’est toute la beauté de la reliure et du cartonnage : donner corps à l’intangible !

De la nécessité d’avoir une méthode de travail adaptée

Après quelques échanges d’images et d’idées par courriel, j’ai eu quelques jours pour confectionner la reliure. Travailler avec des délais très serrés, c’est une constante dans un atelier. On est en bout de chaine de travail et on voit souvent les périodes-tampon s’amenuiser au fur et à mesure que le projet franchit les étapes. Rien d’anormal ni de surprenant, et il faut savoir l’anticiper. Préparer les matériaux d’avance, confectionner d’avance des éléments de décor qu’on sera capable de rapporter ensuite, faire le titrage sur pièces de titre pour les faire d’avance ou pendant une période de mise en presse…

Une grande liberté artistique !

J’ai eu la chance immense de travailler avec une personne qui m’a fait confiance. Elle a approuvé la direction esthétique que je souhaitais prendre et m’a ensuite laissé totalement libre. Une seule demande : reprendre les couleurs de la compagnie, jaune et noir, dans la version précieuse : or et noir.

Comme nous étions juste dans le temps, j’ai pris le parti de faire un décor en cuvette, que je pouvais préparer d’avance. J’ai procédé à une composition du logo de la compagnie, en collage de cuirs dorés, vachette et serpent, avec une incrustation à niveau en buffle noir, le cuir qui sera repris pour la reliure elle-même.

Une fois l’impression livrée, j’ai réalisé une reliure collée endossée, pour lui donner cet aspect haut-de gamme de la reliure sans gorge. La reliure est un plein cuir de buffle noir, très texturé.
Dans le même esprit, nous avons choisi d’ajouter des finitions en porc-velours d’un noir très dense sur les contre-plats, et d’ajouter une touche lumineuse avec un papier japonais doré pour les volantes.
Il me restait à placer le décor dans la fenêtre créée pour lui, et placer la pièce de titre sur le dos du livre.

Détails :
Intérieur de porc velours noir profond et papier japonais doré

Une boite pour conserver le livre

Pour parfaire ce beau témoignage, j’ai fait une boite pour conserver le livre.
J’ai fait une boite à rubans grosgrain, très simple, en belle toile noire, satinée et moirée, et finie du même papier japonais doré. J’inclus toujours un certificat d’authenticité dans mes projets : les clients font la démarche de chercher une artisane qualifiée qui leur fournira un travail sur-mesure, avec des matériaux de bonne qualité et c’est ma façon de leur témoigner du caractère unique et du grand soin que j’ai pris de leur projet.

Certificat d’authenticité

Si vous avez un projet corporatif à mener à bien, pour un départ au sein de votre entreprise, ou pour témoigner à un employé la qualité du travail qu’il accomplit, n’hésitez pas à me contacter : nous pourrons discuter de toutes les possibilités qui s’offrent à nous et je vous ferai parvenir un devis dans les jours suivants.