Un livre pour dire merci !

Cadeau de départ

Cet automne, j’ai eu la chance de travailler pour une grande compagnie québécoise (je vous laisse reconnaitre le logo, pas très difficile !). J’ai été contacté par le service de la communication : une dirigeante quittait la compagnie et pour lui dire au revoir, beaucoup d’employés voulaient écrire quelques lignes de remerciement.
Mais une pile de courriels imprimés, ça ne donne guère un bel objet qu’on a envie d’offrir et de conserver. Alors j’ai été chargée de réaliser un livre qui relie ensemble tous ces témoignages, dans un matériau précieux, avec un décor personnalisé qui soit à la fois élégant et moderne, à l’image de la personne censée le recevoir. C’est toute la beauté de la reliure et du cartonnage : donner corps à l’intangible !

De la nécessité d’avoir une méthode de travail adaptée

Après quelques échanges d’images et d’idées par courriel, j’ai eu quelques jours pour confectionner la reliure. Travailler avec des délais très serrés, c’est une constante dans un atelier. On est en bout de chaine de travail et on voit souvent les périodes-tampon s’amenuiser au fur et à mesure que le projet franchit les étapes. Rien d’anormal ni de surprenant, et il faut savoir l’anticiper. Préparer les matériaux d’avance, confectionner d’avance des éléments de décor qu’on sera capable de rapporter ensuite, faire le titrage sur pièces de titre pour les faire d’avance ou pendant une période de mise en presse…

Une grande liberté artistique !

J’ai eu la chance immense de travailler avec une personne qui m’a fait confiance. Elle a approuvé la direction esthétique que je souhaitais prendre et m’a ensuite laissé totalement libre. Une seule demande : reprendre les couleurs de la compagnie, jaune et noir, dans la version précieuse : or et noir.

Comme nous étions juste dans le temps, j’ai pris le parti de faire un décor en cuvette, que je pouvais préparer d’avance. J’ai procédé à une composition du logo de la compagnie, en collage de cuirs dorés, vachette et serpent, avec une incrustation à niveau en buffle noir, le cuir qui sera repris pour la reliure elle-même.

Une fois l’impression livrée, j’ai réalisé une reliure collée endossée, pour lui donner cet aspect haut-de gamme de la reliure sans gorge. La reliure est un plein cuir de buffle noir, très texturé.
Dans le même esprit, nous avons choisi d’ajouter des finitions en porc-velours d’un noir très dense sur les contre-plats, et d’ajouter une touche lumineuse avec un papier japonais doré pour les volantes.
Il me restait à placer le décor dans la fenêtre créée pour lui, et placer la pièce de titre sur le dos du livre.

Détails :
Intérieur de porc velours noir profond et papier japonais doré

Une boite pour conserver le livre

Pour parfaire ce beau témoignage, j’ai fait une boite pour conserver le livre.
J’ai fait une boite à rubans grosgrain, très simple, en belle toile noire, satinée et moirée, et finie du même papier japonais doré. J’inclus toujours un certificat d’authenticité dans mes projets : les clients font la démarche de chercher une artisane qualifiée qui leur fournira un travail sur-mesure, avec des matériaux de bonne qualité et c’est ma façon de leur témoigner du caractère unique et du grand soin que j’ai pris de leur projet.

Certificat d’authenticité

Si vous avez un projet corporatif à mener à bien, pour un départ au sein de votre entreprise, ou pour témoigner à un employé la qualité du travail qu’il accomplit, n’hésitez pas à me contacter : nous pourrons discuter de toutes les possibilités qui s’offrent à nous et je vous ferai parvenir un devis dans les jours suivants.

Miroir, mon beau miroir…

J’adore faire des boites, c’est technique, inventif et cela offre des millers de possibilités.

Cela permet de rejoindre une clientèle de consommateurs et d’entreprises, qui cherchent à faire des projets artistiques, personnels ou même des prototypes.
J’ai un client fantastique et inventif qui me demande de faire souvent des boites originales, qui abrite ses créations. Ici, il s’est essayé, pour deux projets distincts, à l’écriture inversée, avec des messages à lire dans le miroir.

Je lui ai donc proposé d’intégrer un miroir dans la boite : comme ça, pas besoin de se placer devant une glace, l’objet est autonome. 

Le texte, tracé à l’encre par ses soins, est orné d’un passepartout en papier japonais doré, afin de lui donner un aspect luxueux. Le tout est encadré d’un cadre rehaussé, de porc velours turquoise, en écho à la couleur de l’encre.

Le coffret est lui en toile moirée noire, une retaille de quelques mètres trouvée chez mon fournisseur. Elle est si belle, avec un léger chatoiement et se travaille très bien, malgré sa petite tendance à l’effilochage (un fin trait de colle règle le problème).

La finition intérieure du couvercle présente donc un miroir (pour des questions de poids et de facilité de coupe, j’ai utilisé un morceau de Plexiglas miroir), lui-même recouvert d’un passepartout de porc velours. 

Enfin, le titre est marqué à chaud grâce à ma fidèle Kwikprint, sur une pièce de titre en cuir noir. 

Si vous avez un projet particulier et que vous avez besoin d’une boite sur-mesure, ou d’un prototype, contactez-moi

Un livre d’art pour la ville de Brossard

En septembre, suite à un appel d’offres réalisé cet été, j’ai réalisé un très chouette contrat pour la ville de Brossard.

L’écriture, une médiation culturelle qui crée du lien

Dans le cadre de la semaine des ainées, la ville de Brossard a eu l’excellente idée de monter des ateliers d’écriture. Guidés par la dynamique écrivaine Francine Ruel, il s’agissait pour les participants d’écrire une nouvelle qui aurait pour cadre la ville. Que ce soit une anecdote réelle, un récit imaginé, une réflexion philosophie, les auteurs en herbe devaient, en une page, construire leur récit avec Brossard pour toile de fond.

Une reliure d’art pour pérenniser l’écriture

Une fois ces textes écrits, Valérie Richard, la chargée de projets, a proposé les imprimer et d’en faire un beau livre, nommé « L’Envolée des mots » qui pourrait être exposé et conservé, donnant ainsi une durée de vie infinie à ce projet éphémère.

C’est une démarche rare, en médiation culturelle, d’associer ainsi la création d’une belle reliure et j’ai été super chanceuse de pouvoir y participer, surtout que Valérie avait prévu l’impression d’un livre en cahiers, afin qu’il soit cousu (on rencontre tellement de cas où ces projets sont imprimé sur feuilles mobiles, qui nécessitent ensuite une reliure collée. Ça n’empêche rien mais le livre perd en durabilité et en souplesse).

J’ai rencontré les participants, pour savoir quels étaient les idées forts, les images, les mots qui leur semblaient le mieux représenter leur ville : le vert a été l’idée dominante, suivi des arbres, du fleuve, de la nature, le pont, la bibliothèque comme coeur de ville…
Ces échanges m’ont aidé à imaginer une reliure, avec pour contrainte, un décor que je devais pouvoir préparer d’avance vu que je n’aurai finalement que 3 jours pour confectionner le livre et sa boite.

Le résultat final : une reliure plein cuir de buffle, avec des incrustations à niveau et en relief des baguettes de bois de balsa, dorées au fer et sur les tranches, avec des mots évoqués par les participants, imprimés dans le foil qui apparaissent ainsi en négatif dans les aplats dorés. Les tranchefiles sont en cuir or et les finitions intérieures en porc velours vert amande et en papier japonais froissé doré Momi. Le coffret à fermeture rubans est en toile noire, toile or champagne et suède vert amande.

Le livre a été dévoilé lors de la cérémonie de lancement de la semaine des ainés, en présence de la mairesse de Brossard, et de tous les participants. Il sera conservé à la bibliothèque de la Ville et exposé à l’occasion.

J’en profite donc pour dire un grand merci à la ville de Brossard d’avoir eu l’inventivité et l’audace, en cette ère numérique, de lancer un projet d’écriture associant le métier d’art qu’est la reliure et de m’avoir fait confiance pour le réaliser !