DIY : Je ne sais rien faire de mes 10 doigts…

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Quand j’ai commencé la reliure il y a un peu moins de 15 ans, je pensais ne rien savoir faire des mes 10 doigts. Un peu après mon arrivée à Montréal, alors que j’avais déjà 27 ans, j’ai croisé le chemin d’Odette Drapeau. Elle m’a appris les bases de la reliure et m’a offert la possibilité de travailler en apprentissage dans son atelier. J’ai ensuite fait un DEC en techniques de muséologie, travaillé en reliure et en conservation, suivi plein de formations et classes de maitre, puis en novembre dernier, j’ai ouvert mon propre atelier, après avoir été admise comme membre du Conseil des métiers d’art du Québec, en juin 2017 ! Je suis donc un bon exemple qu’un peu de dextérité manuelle, cela s’apprend, même sur le tard.  et tout le monde est capable de faire quelque chose de ses dix doigts.

Vous avez déjà eu envie d’apprendre les techniques de reliure ?

Vous aimeriez savoir comment réparer les vieux dictionnaires de la maison ? Vous êtes déjà artiste ou étudiant et aimeriez apprendre à faire votre portefolio vous-même ? Vous voulez apprendre à coudre des carnets pour pouvoir assouvir votre passion pour la papeterie et le DIY ?

Les cours de reliure commencent le 18 septembre, au Service de loisirs Notre-Dame-des-Victoires, le mardi matin (le mardi après-midi est pas mal complet). Vous pourrez commencer du début, en apprendre plus sur le livre cousu, ou bien menez à bien vos projets personnels, et ainsi vous prouver que vous êtes capable de faire plein de choses de vos dix doigts !
Toutes les infos sont par ici !
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Le hot stamping, le marquage à chaud et la dorure…

Cet article du Devoir, sur la fonte Futura, et la série sur le même sujet qui semble devoir suivre, m’a donné l’idée de vous parler de hot stamping (le vocabulaire technique au Québec est presque toujours en anglais, très influencé par la proximité des US, fournisseur essentiel de machines outils et de matières premières. Si le Canada a adopté le système métrique, on continue beaucoup de mesurer en pouces et pieds, à cause des matériaux tels le papier et le carton qui continuent d’être ainsi conditionnés).

La dorure traditionnelle

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Bookbindesign, by Kevin Noakes

En reliure, on fait des livres, je ne vous apprends rien. Traditionnellement, le travail de décor à l’or et de titrage n’est pas celui du relieur mais du doreur. Celui-ci peut s’occuper des tranches, du décor et/ou du titre. Il y a encore des relieurs qui font appel à des doreurs afin de titrer leurs oeuvres, souvent de très grande valeur. Si vous ne connaissez pas le travail de Louise Bescond, je vous encourage à le découvrir. Elle poste souvent sur son compte instagram le travail des doreurs auxquels elle fait appel. Continuer la lecture de « Le hot stamping, le marquage à chaud et la dorure… »

L’art de la reliure est-il mort ?

Avoir un atelier en métiers d’art est un exercice d’équilibriste, il me semble, et notamment en reliure, à Montréal. L’art de livre semble condamné, si l’on se fie à ce que l’on me dit souvent… Vraiment ? Je ne suis pas sûre que l’attachement au livre ne subsiste par, pour ma part. Les gens aiment l’objet, les gens aiment laisser des traces écrites, les gens valorisent le fait-main, le fait-local, l’objet sur-mesure.

Pour autant, il est vrai que le métier évolue. Si auparavant, un atelier de reliure pouvait exister en misant sur les reliures classiques que les clients s’offraient pour leurs livres de valeur, ce n’est évidemment plus le cas. Les collectionneurs qui s’offrent de la reliure d’art sont presque inexistants, et les amateurs de reliure classique sont en voie de disparition, appartenant à une autre génération.

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La gageure est donc de développer mes services, pour trouver de nouveaux publics…

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